MORGAN LE FAY -LA FÉE MORGANE

Publié le par Grimbeorn



La fée Morgane est un personnage du cycle arthurien, dans lequel elle est la demi-sœur - occasionnellement la sœur – magicienne du roi Arthur. Elle y est généralement présentée comme une adversaire du roi, de sa femme Guenièvre et des chevaliers de la Table ronde.

Chez Geoffroy de Monmouth c’est la principale des neuf enchanteresses qui accueillent Arthur à Avalon après la bataille de Camlann ; chez Chrétien de Troyes, elle est présentée comme une sœur d’Arthur magicienne et guérisseuse coopérant avec son frère. C’est à partir du Lancelot-Graal que son personnage se précise : elle devient l’adversaire d’Arthur, fille d’Ygraine et de Gorlois, sœur d’Elaine et de Morgause, demi-sœur – par sa mère – d’Arthur et femme – souvent infidèle - du roi Urien de Gorre avec qui elle ne s’entend pas et dont elle a un fils, Yvain. Merlin est son maître de magie.

Dans les adaptations modernes de la légende arthurienne, elle remplace quelquefois Morgause, beaucoup moins connue qu’elle, comme mère de Mordred, fils incestueux d’Arthur. Elle y est présentée comme une séductrice maléfique, mais aussi parfois comme un personnage positif incarnant un pouvoir féminin désapprouvé par la société médiévale.

 Morgane dans la littérature

Littérature galloise

Le personnage de Morgane pourrait avoir une de ses sources dans la déesse Modron, inspirée de la Dea Matrona gauloise, telle qu'elle apparait dans la littérature galloise médiévale. Fille d’Avallach ou du roi d’Avallach (Avalon?), dans les Triades galloises elle est, comme dans le cycle arthurien, liée au roi Urien. Elle en a deux fils, Owain et Morvydd [1].

Morgane apparait pour la première fois dans la Vie de Merlin (1150) de Geoffroy de Monmouth comme une magicienne savante occupant une position importante à Avalon où elle accueille Arthur mortellement blessé.
Cycle arthurien

Dans les premiers textes où apparaît la fée Morgane, tout comme chez Geoffroy de Monmouth son rôle est positif : chez Chrétien de Troyes (Erec et Enide, Yvain ou le Chevalier au lion), elle guérit son frère ainsi qu'Yvain et Lancelot ; chez Wace (le Roman de Brut), elle emmène Arthur sur l'île d'Avalon pour le soigner de ses blessures. Thomas Malory reprendra cet épisode dans Le Morte d'Arthur.

Ce n'est qu'à partir du XIIIe siècle que la légende fait d’elle une méchante fée, haineuse envers Arthur et Guenièvre, hostile et séductrice vis-à-vis de Lancelot, en contrepoint de la Dame du Lac[2].

À partir du Lancelot-Graal, elle apparait comme la fille d' Ygraine et de Gorlois, duc de Cornouailles, sœur d'Elaine et de Morgause et demi-sœur d'Arthur. Envoyée dans un couvent lorsqu’Uther Pendragon tue son père et épouse sa mère, elle y entame l’étude de la magie, qu’elle poursuivra plus tard avec Merlin. Uther lui fait épouser Urien qu’elle n’aime pas. Différents récits du cycle lui donneront plusieurs amants et la font bannir de la cour par Guenièvre pour cette raison. Néanmoins, cette dernière n’étant pas elle-même un modèle de fidélité, on voit dans certains contes Morgane chercher à se venger en la prenant en défaut, par exemple en portant à la cour une coupe magique qui révèle l’infidélité (Tristan en prose). Son hostilité s’étend à d’autres membres de l’entourage du roi, en particulier Lancelot. Dans Sire Gauvain et le chevalier vert[3] Morgane est la complice de la belle dame de Haut-Désert, toutes deux recherchant la mort de Gauvain par des actes fourbes et traîtres.Dans Le Morte d'Arthur elle s’empare d’Excalibur et pousse son amant Accolon à tuer Arthur, mais le plan échoue. Dans certains récits, elle s’empare du fourreau - dans lequel réside, selon certains, le pouvoir protecteur de l’épée - et le jette dans un lac

Autres


Elle apparait aussi dans la Matière de France où elle a pour amant et complice Ogier de Danemarche. Dans Huon de Bordeaux, elle a un fils de Jules César, Obéron.

Elle est mentionnée dans les Chroniques de Gargantua comme la marraine de ce dernier sous le nom de Morgan-le-Fay, alors que dans Pantagruel elle est appelée Morgue, fée de l’Île d’Avalon.

Dans Le Cycle d'Avalon de Marion Zimmer Bradley, habitante d’un Avalon identifié à l’Atlantide, elle joue le rôle de protectrice des traditions religieuses et magiques bretonnes contre l’avancée du christianisme oppresseur et patriarcal. Elle est disciple de la grande prêtresse Viviane et mère de Mordred.

Certaines sources lui attribuent effectivement la maternité de Mordred, conçu de façon "fortuite" : Morgane lors d'une fête païenne représente la jeune vierge offerte au dieu cornu qui n'est autre qu'Arthur, sans qu'aucun des deux ne le sachent. Ce n'est qu'une fois le rite accompli que les deux amants découvrent l'identité de l'autre.

Morgane dans le folklore


Le nom de Morgane la lie peut-être aux morgan/morgen, fées des eaux séductrices et dangereuses du folklore britannique[4].

Morgane a perduré en France sous le nom de fée Margot et l’on trouve un peu partout en France des « Caves à Margot », des « chambres de la fée Margot », des « fuseaux de Margot » ou des « Roche Margot »[5]

Sainte Marguerite, représentée « issourt » du dragon comme à Luceram, ou avec à ses pieds le dragon-vouivre symbolisant les forces telluriques, pourrait avoir emprunté certaines de ses caractéristiques.

Morgane est la femme de Gargantua dans certains contes populaires, et sa marraine chez Rabelais ; elle porte comme lui un devantiau (sorte de tablier) dans lequel elle transporte des pierres. Selon le folkloriste Henri Dontenville, les sonorités MeReGue de Morgane et GueReGue de Gargantua se répondent. Tout comme il y a de nombreux Monts « Gargan », il y a des monts (Morgon, Margantin, Mercantour...), des rivières (Morgon, Mourgon, Morge, Mourgues...), des fontaines de la Mourgue qui pourraient lui devoir leur nom [5].

Le Morgant Maggiore de Pucci (fin du XVe siècle) conte les exploits d’un géant Morgante, ou Morgant, Morgan.

La transcription de son nom en Morgue la lie parfois à la Mort.

Morgane a une place dans les mouvements contemporains de renaissance celtique. Le Manuscrit des Paroles du Druide sans nom et sans visage, la dit « Mère Grand, Morgan, Celle-qui-sait-la-vuipre, Bel-Terre, la Noire, la Dame de Sous-Terre, et tant d’autres noms… »



Morgan le Fay



Morgan le Fay, alternatively known as Morgane, Morgaine, Morgana and other variants, is a powerful sorceress in the Arthurian legend. Early works featuring Morgan do not elaborate her character beyond her role as a fay or magician. She became much more prominent in the later cyclical prose works such as the Lancelot-Grail and the Post-Vulgate Cycle, in which she becomes an antagonist to King Arthur and Queen Guinevere: she is said to be the daughter of Arthur's mother, the Lady Igraine, and her first husband, Gorlois, Duke of Cornwall, so that Arthur is her half brother (by Igraine and Uther Pendragon).

The early accounts of Geoffrey of Monmouth and Gerald of Wales refer to Morgan in conjunction with the Isle of Apples (later Avalon) to which the fatally-wounded Arthur was carried. To the former she was an enchantress, one of nine sisters, while to the latter she was the ruler and patroness of an area near Glastonbury and a close blood-relation of King Arthur. In the early romances of Chrétien de Troyes, also, she figures as a healer.

Though in later stories she becomes an adversary of the Round Table when Guinevere discovers her adultery with one of her husband's knights, she eventually reconciles with her brother, and even retains her original role, serving as one of the four enchantresses who carry the king to Avalon after his final battle at Camlann. She has at least two older sisters, Elaine and Morgause, the latter of whom is the mother of Gawain and the traitor Mordred. In Sir Thomas Malory's Le Morte d'Arthur and elsewhere, she is married, unhappily, to King Urien of Gore and Ywain is her son.

Origins

As her epithet "le Fay" (from the French la fée, meaning fairy) indicates, the figure of Morgan appears to have been originally a supernatural being. However, later works make her specifically human, her magical powers are retained.[1] Inspiration for her character came from earlier Welsh mythology and literature; she has often been compared with the goddess Modron, a figure derived from the continental Dea Matrona featured with some frequency in medieval Welsh literature. Modron appears in Welsh Triad 70, in which her children by Urien, Owain and Morfydd, are called the "Three Blessed Womb-Burdens of the Island of Britain,"[2] and a later folktale preserved in Peniarth MS 147 records the story behind this conception more fully.[3] Urien is Morgan le Fay's husband in the continental romances, while Owain mab Urien is the historical figure behind their son Ywain. Additionally, Modron is called "daughter of Avallach," a Welsh ancestor deity whose name can also be interpreted as a noun meaning "a place of apples".[4] In fact, in the story of Owain and Morvydd's conception in Peniarth 147, Modron is called the "daughter of the king of Avallach." This is similar to Avalon, the "Isle of Apples" with which Morgan le Fay has been associated since her earliest appearances. Additional speculation sometimes connects Morgan with the Irish goddess Morrígan, though there are few similarities between the two beyond the spelling of their names.

Morgan first appears by name in Geoffrey of Monmouth's Vita Merlini, written about 1150. Purportedly an account of the wizard Merlin's later adventures, it elaborates some episodes from Geoffrey's more famous earlier work, Historia Regum Britanniae. In the Historia, Geoffrey explains that after Arthur is seriously wounded at the Battle of Camlann, he is taken off to Avalon, the Isle of Apples, to be healed. In the Vita Merlini he describes this island in more detail and names "Morgen" as the chief of nine magical sisters who dwell there. Morgan retains this role as Arthur's otherworldly healer in much later literature.

Before the cyclical Old French romances, appearances of Morgan are few. Chrétien de Troyes mentions her in his first romance Erec and Enide, completed around 1170; he says one guest at the titular characters' wedding, a certain Guigomar, lord of the Isle of Avalon, is a friend of Morgan. She is later mentioned in the same poem when Arthur provides a wounded Erec with a healing balm made by his sister Morgan; this episode both affirms her early role as a healer and provides the first mention of Morgan as Arthur's sister. Chrétien again refers to Morgan as a great healer in his later romance Yvain, the Knight of the Lion, in an episode in which two ladies restore the maddened hero to his senses with a concoction provided by Morgan. However, it should be noted that while Modron is the mother of Owain in Welsh literature, and Morgan would be assigned this role in later French literature, this first continental association between Ywain and Morgan does not imply they are son and mother.

Later medieval literature

Morgan's role is greatly expanded in the 13th-century Lancelot-Grail (Vulgate Cycle) and the subsequent works inspired by it. The youngest of Gorlois and Igraine's daughters, she is sent to a convent when Uther Pendragon kills her father and marries her mother. There she begins her study of magic, but is interrupted when Uther betroths her to his ally Urien. Unhappy with her husband, she takes a string of lovers until she is caught by a young Guinevere, who expels her from court in disgust. Morgan continues her magical studies under Merlin, all the while plotting against Guinevere. In subsequent chapters she uses her skills to foil Arthur's knights, especially Lancelot, whom she alternately tries to seduce and to expose as Guinevere's adulterous lover. In the Prose Tristan, she delivers to Arthur's court a magic drinking horn from which no unfaithful lady can drink without spilling, hoping to reveal the infidelity.

Thomas Malory mostly follows the portrayal of Morgan in the Vulgate and Post-Vulgate Cycles in his book Le Morte d'Arthur, though he expands her role in some cases. Through magic and mortal means, she tries to arrange Arthur's downfall, most famously when she arranges for her lover Accolon to obtain the sword Excalibur and use it against Arthur in single combat. Failing in this, Morgan throws Excalibur's protective scabbard into a lake. The Fay turns up throughout the High and Late Middle Ages, generally in works related to the cycles of Arthur or Charlemagne. At the end of Sir Gawain and the Green Knight, it is revealed that the entire supernatural episode has been instigated by Morgan as a test for Arthur and his knights, and to frighten Guinevere. Morgan's importance to this particular narrative has been disputed and called a deus ex machina [5] and simply an artistic device to further connect Gawain's episode to the Arthurian story.

In the legends of Charlemagne she is most famous for her association with Ogier the Dane, whom she takes to her mystical island palace to be her lover. In the chanson de geste of Huon de Bordeaux, Morgan is the mother of the fairy king Oberon by none other than Julius Caesar.

Later interpretations

The stereotypical image of Morgan is often that of a villainess: a seductive, megalomaniacal sorceress who wishes to overthrow Arthur. Contemporary interpretations of the Arthurian myth sometimes assign to Morgan the role of seducing Arthur and giving birth to the wicked Mordred, though traditionally Mordred's mother was Morgause, another sister. In these works Mordred is often her pawn, used to bring about the end of the Arthurian age. Starting in the later 20th century, however, some feminists adopted Morgan as a representation of female power or of a fading form of feminine spirituality supposedly practiced by the Celts or earlier peoples.[6] These interpretations draw upon the French romances which portray Morgan as a "benevolent figure" with extraordinary healing powers.[6] This has led to Morgan's expanded role in feminist Arthurian literature such as Marion Zimmer Bradley's The Mists of Avalon, which goes so far as to give her credit for the major events of the traditional story.

Notes

   1. ^ Briggs, Katharine (1978). "Morgan le Fay." In Encyclopedia of Fairies: Hobgoblins, Brownies, Boogies, and Other Supernatural Creatures, p. 303. New York: Pantheon. ISBN 0-394-73467-X.
   2. ^ Bromwich, Trioedd Ynys Prydein, p. 195.
   3. ^ Preserved in Peniarth 147. See Bromwich, Trioedd Ynys Prydein, pp. 449–451.
   4. ^ Bromwich, Trioedd Ynys Prydein, pp. 274–275
   5. ^ , "Morgan le Fay in Sir Gawain and the Green Knight" in Speculum, vol 35, pp.260-274.
   6. ^ a b Spivak, Charlotte, in Popular Arthurian Traditions pp. 18-23. ISBN 0879725621
   7. ^ a b Vanishing Tricks of a Goddess by Imogen Rhia Herrad.

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