LES ELFES


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Elfe désigne plusieurs créatures aux apparences très diverses, à l'origine de petits êtres légendaires issus des mythologies nordique et germanique, qui survivent aujourd'hui dans le folklore scandinave, où les elfes étaient originellement des divinités mineures de la nature et de la fertilité.

Le personnage a été repris plus tard dans la littérature, comme élément merveilleux du conte de fées et de la fantasy. À la suite du succès des récits de J. R. R. Tolkien, dans lesquels des personnages angéliques et sages sont désignés comme elfes, l'elfe est devenu un archétype de personnage de fantasy et son apparence s'est modifiée. Les elfes sont, du fait de ce succès littéraire, devenus dans l'imaginaire actuel des êtres d'apparence jeune et de grande beauté, vivant dans des forêts ou des lieux souterrains, considérés comme immortels et dotés de pouvoirs magiques, et se distinguant des humains uniquement par leurs oreilles pointues et une apparence plus svelte.

Paracelse, dans son Astronomia magna (1537) et dans le Liber de nymphis, sylphis, pygmaeis et salamandris, compte sept races de créatures sans âme : les génies à forme humaine mais sans âme ni esprit (inanimata) des Éléments, les géants et les nains, les nains sur la terre. Il croit aux génies des quatre Éléments. La Terre, par génération spontanée, produit des nains qui gardent les trésors sous la montagne ; l'Eau produit les ondines ; le Feu, les salamandres ; l'Air, les elfes. Ensuite viennent les géants et les nains issus de l'air, mais qui vivent sur la terre.

    "Le mot inanimatum désigne six familles d'hommes sans âme... Ces hommes sans âme sont d'abord ceux des quatre familles qui habitent les quatre Éléments : les nymphes, nymphae, filles de l'eau ; les fils de la terre, lémures, qui habitent sous les montagnes ; les esprits de l'air, gnomi ; les génies du feu, vulcani. Les deux autres familles sont composées d'hommes qui sont également nés sans âme; mais qui, comme nous, respirent en dehors des Éléments. ce sont d'une part les géants et d'autre part les nains qui vivent dans l'ombre des forêts, umbragines... Il existe des êtres qui demeurent naturellement au sein d'un même Élément. Ainsi le phénix, qui se tient dans le feu comme la taupe dans ta terre. Ne soyez pas incrédules, je le prouverai ! Quant aux géants et aux nains de la forêt, ils ont notre monde pour séjour. Tous ces êtres sans âme sont produits à partir de semences qui proviennent du ciel et des Éléments, mais sans le limon de la terre... Ils viennent au monde comme les insectes formés dans la fange [par génération spontanée]." (Paracelse, La grande astronomie. Astronomia magna (1537), trad., Dervy, 2000, p. 159-160).

La description la plus ancienne des elfes provient de la mythologie nordique. En vieux norrois, ils sont dénommés álfar (au singulier álfr) ; le mot dérive d'une racine proto-indo-européenne albh signifiant « blanc », qui se retrouve par exemple dans le latin albus « blanc ». Des noms semblables se retrouvent dans les langues germaniques anciennes et modernes ; ils présentent souvent des variantes, dues à des différences dialectales où à des influences d'une langue à l'autre, du fait de la large circulation du thème littéraire.

    * Dans les langues scandinaves
          o vieux norrois : álfr (pluriel álfar)
          o islandais : álfur (pluriel álfar), álfafólk (« peuple des elfes »), huldufólk (« peuple caché »).
          o danois : elver, elverfolk, parfois ellefolk ou alf (pluriel alfer)
          o norvégien : alv (pluriel alver), alvefolk
          o suédois : alv (pluriel alver), au féminin älva (pluriel älvor)
    * Dans les langues germaniques occidentales
          o anglais : elf (pluriel elfs ou elves) ; en vieil anglais ælf, elf (pluriel ylfe)
          o néerlandais : elf ou alf (pluriels elfen ou elven, alven) ; en moyen néerlandais alf
          o allemand : le vieux haut-allemand alp a donné dans la langue la forme Alp, Alb (pluriels Alpen, Alben) qui désigne traditionnellement un incube ou un démon nocturne provoquant le cauchemar (qui se dit Albtraum ou Alptraum « rêve d'elfe »). La langue moderne a emprunté à l'anglais la dénomination de l'elfe : Elf ou Elfe (pluriel Elfen). Il existe aussi la forme mixte Elb ou Elbe (pluriel Elben) ; Elbe est attesté en moyen haut-allemand.
    * Dans les langues germaniques orientales
          o gotique : le mot est indirectement attesté dans l'anthroponyme Albila cité par Procope de Césarée.

De nombreux prénoms germaniques comprennent le nom de l'elfe : par exemple en vieil anglais : Ælfric, Ælfwine, Ælfréd (moderne Alfred), en allemand Alberich. C'est aussi le cas de quelques anciens noms français d'origine germanique, tels Auberon et Aubry.

Bien qu'aucune description ancienne ou moderne n'existe, l'apparition de créatures étymologiquement liées aux álfar dans nombre de folklores postérieurs suggère fortement que la croyance dans les elfes fut commune parmi les peuples germaniques, et non limitée exclusivement aux antiques peuples de Scandinavie.

Les elfes apparaissent de diverses manières dans la mythologie nordique. Ils sont généralement décrits comme des êtres semi-divins associés à la fertilité et au culte des ancêtres. Le concept d'elfe semble donc similaire aux croyances animistes dans les esprits de la nature et les esprits des morts, croyances communes à toutes les anciennes cultures humaines. On retrouve à l'identique dans la mythologie nordique, la croyance du fylgjur et du vörðar (« esprit totem » et « esprit protecteur »). De même les elfes sont communément comparés aux nymphes de la mythologie grecque et romaine, et à Vili et aux rusalki de la mythologie slave.

L'historien et mythographe islandais Snorri Sturluson se réfère aux nains nordiques en tant que « elfes sombres » (dökkálfar) ou « elfes noirs » (svartálfar) ; mais il n'est pas certain que cela ne désigne pas une croyance scandinave médiévale plus tardive. Il se réfère aux autres elfes comme « elfes lumineux » (ljósálfar), qui seraient souvent associés à l'étymologie de elf. Snorri décrit leurs différences, d'après la prose de l'Edda (Gylfaginning 17) :

    « Staðr d'einn de Sá heu þar, heu kallaðr heu Álfheimr. Þat de fólk de byggvir de Þar, heu heita de Ljósálfar, jörðu de í de niðri de búa d'en Dökkálfar, reyndum correct de ólíkari de miklu d'ok de sýnum de þeim de ólíkir de þeir d'eru. Sýnum de sól d'en de fegri d'eru de Ljósálfar, bik d'en de svartari d'eru d'en Dökkálfar. »

    « Il y a un endroit là [dans le ciel] qui s'appelle la demeure elfe (Álfheimr). Les gens qui y vivent sont appelés les elfes lumineux (ljósálfar). Mais les elfes sombres (dökkálfar) vivent ci-dessous dans la terre, et ils ont une toute autre apparence — et très différents d'eux en réalité. Les Elfes Lumineux sont plus lumineux que le soleil en apparence, mais les Elfes Sombres sont plus ténébreux que … »

D'autres éléments à propos des Elfes dans la mythologie nordique proviennent de la poésie scaldique, de Edda poétique et des sagas légendaires. Les Elfes y sont liés au Æsir, en particulier par l'expression commune « Æsir et les Elfes », qui signifie vraisemblablement « tous les dieux ». Quelques universitaires ont comparé des Elfes aux Vanir (dieux de fertilité), mais dans Alvíssmál (« les Dires de Sagesse »), les Elfes sont distingués des Vanir et Æsir, comme indiqué par une série de noms comparatifs dans lesquels Æsir, Vanir, Elfes ont leurs propres traductions pour différents mots — reflétant ainsi leur préférences raciales. Il est possible que ces mots indiquent une différence dans le statut entre les dieux principaux de fertilité (les Vanir) et les divinités mineures (les Elfes).

Grímnismál relate que Freyr était le seigneur du Álfheimr (« monde-elfe »), la demeure des elfes lumineux. Lokasenna relate qu'un grand groupe de Æsir et d'Elfes s'étaient réunis à la cour de Ægir pour un banquet. Plusieurs êtres mineurs, domestiques des dieux, à l'exemple de Byggvir et Beyla, sont présentés comme appartenant à Freyr, seigneur des Elfes, et ceux-ci sont probablement eux aussi des Elfes , puisqu'ils n'ont pas été comptés parmi les dieux. On mentionne aussi un autre domestique, Fimafeng (assassiné par Loki) et Eldir.

Dans le folklore scandinave, qui est un mélange postérieur de mythologie nordique et chrétienne, un elfe est nommé elver en danois, alv en norvégien, alv ou älva en suédois[8].

Le terme norvégien apparaît rarement dans le folklore, et quand il est utilisé, c'est comme synonyme de huldrefolk (« peuple caché ») ou vetter, sorte de catégorie de « lutins » liés à la terre, approchant davantage des nains de la mythologie nordique, que des elfes.

Au Danemark et en Suède, les elfes apparaissent comme distincts du vetter, bien que la frontière entre les deux créatures soit mal délimitée. Les petites fées ailées du folklore britanniques (pixie) sont souvent désignées comme älvor en suédois moderne ou alfer en danois, bien que la traduction correcte soit feer. De manière similaire, l'elfe du conte de fées L'Elfe de la rose de l'écrivain danois Hans Christian Andersen est si minuscule qu'il peut avoir un bouton de rose pour maison, et a les « ailes qui partent des épaules jusqu'aux pieds ». Cependant, dans La Colline des elfes du même auteur, les elfes sont plus semblables à ceux du folklore traditionnel danois : de splendides femelles, vivant dans les collines et les rochers, capables de faire danser un homme jusqu'à la mort. Comme le huldra en Norvège et en Suède, ils sont illusions une fois vus de dos.

Les elfes de la mythologie nordique semblent ainsi avoir survécu dans le folklore principalement comme femelles, vivant dans les collines et monticules des pierres.

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 Les elfes dans la littérature moderne


Ils sont généralement décrits comme des êtres intelligents, plus grands et plus fins que les humains, bien que dotés d'une longévité exceptionnelle (quasiment immortels). Leurs oreilles sont censées être pointues, ce qui permettrait de les reconnaître sans ambiguïté.

La vision qu'en donna John Ronald Reuel Tolkien dans son œuvre a sensiblement influencé leur représentation. Il leur a donné leur grande taille et leur grande beauté, de même qu'un penchant pour la mélancolie et la nostalgie, cette idée que leur civilisation est en déclin face à celle de l'homme. Depuis, cette vision a été reprise, modifiée et largement véhiculée dans beaucoup d'œuvres littéraires ou de jeux de rôles.

La civilisation des Elfes a ainsi acquis une réputation de grand raffinement, bien qu'elle soit en décadence ou retirée du monde. Les Elfes sont souvent opposés aux nains notamment du fait de leur physique : les Elfes sont grands, fins et élancés, tandis que les nains sont petits, trapus et résistants. De nombreux auteurs ont accentué cette opposition en associant les Elfes aux milieux forestiers proche de la nature, et les nains aux cavernes, aux mines et aux forges. C'est le cas par exemple dans le monde de Warhammer, ou dans les Royaumes oubliés.

Les Elfes sont aussi, quelquefois, représentés sous plusieurs formes ou races différentes. Comme les Elfes des bois, les Elfes de la nuit ou même parfois les Elfes de l'eau. Ces spécifications sont assez courantes dans certains jeux vidéo ou jeux de plateau comme cité plus haut et plus bas



Les Elfes sont le peuple le plus ancien des Terres du Milieu. Ils se sont éveillés sur les bord du Lac de Cuiviénen à la lumière des étoiles, avant même que naisse le Soleil. Les Elfes sont les plus belles des créatures. Grands et minces, ils sont gracieux mais résistants. Leurs sens sont bien plus développés que ceux des hommes, en particulier la vue et l'ouïe. Les Elfes n'ont pas besoin de dormir, mais reposent leur esprit en rêvant éveillé ou en contemplant la beauté. Ils aiment toutes les belles choses, spécialement la nature, et par-dessus tout la mer et les étoiles. Leur curiosité et leur soif de connaissance sont insatiables. L'une de leurs plus belles réussites est d'avoir enseigné aux Ents (des arbres animés) à parler. Bien qu'ils puissent être tués ou mourir de chagrin, ils ne vieillissent pas et ne tombent jamais malades. Les elfes parlent le langage des bois « bethteur », le sindarin (leur langue natale). La plupart d’entre eux connaissent le ouistrain ainsi que le quenya. Les anciens savent parler l’adùnaic ainsi que l’atliduk, le logathig et le nahaiduk.
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