BROCÉLIANDE

Publié le par Grimbeorn

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Brocéliande est une forêt mythique de la légende arthurienne, généralement identifiée tantôt à la forêt de Paimpont, tantôt à la forêt de Huelgoat, et anciennement à la forêt de Quintin. Elle apparaît dans les textes en 1160 et curieusement c'est dans la littérature non-arthurienne qu'on la voit nommée pour la première fois : le premier texte à la citer est le Roman de Rou du poète anglo-normand Robert Wace
Citant les chevaliers bretons qui participent à la conquête de l'Angleterre, Wace cite en effet : « Ceux de Brecheliant (sic) dont les Bretons disent maintes légendes... ».

Wace cite aussi la fontaine de Barenton qui a des propriétés merveilleuses : « La fontaine de Berenton/sort d'une part lez le perron... »

Il faut ensuite attendre Chrétien de Troyes qui vingt ans plus tard, dans le Chevalier au lion, évoque Brocéliande comme une forêt merveilleuse dont la fontaine (qu'il ne nomme pas) est défendue par un chevalier invincible.

Entre 1180 et 1230, Brocéliande est cité par divers auteurs (Huon de Mery, Guillaume Le Breton[3], Girald de Cambrie, Alexandre Neckham, Robert de Boron...) et apparaît aussi dans le roman occitan de Jauffré.

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LA FÉE VIVIANE

Aucun de ces auteurs n'indique la position exacte de la forêt. Au mieux ils indiquent que la forêt se trouve en Bretagne armoricaine.

Vers 1230, Robert de Boron est le premier à associer Merlin à Brocéliande.

 Localisation

Les auteurs anciens étant muets sur la localisation de Brocéliande, il existe aujourd'hui plusieurs hypothèses de valeurs inégales pour la situer. Rappelons que pour Wace, elle se situe en Bretagne armoricaine alors que pour Chrétien de Troyes elle semble se situer outre-Manche.

Une de ces hypothèses étant d'ailleurs que Brocéliande n'aurait jamais existé et ne serait qu'un mythe relayé par Robert Wace, puis repris par Chrétien de Troyes à partir, d'ailleurs du texte de Wace .

La première identification de Brocéliande avec une localisation physique date de 1467. A cette époque les grandes familles bretonnes tentent d'appuyer leur gloire sur la possession de terres arthuriennes (ainsi en 1475, les Rohan affirment-ils descendre d'Arthur et posséder le château de la Joyeuse Garde "où le roi Arthur tenait sa cour"). Les Laval reconnaissant en leur terre de Brecilien le Brecheliant de Wace, inventent la fontaine magique et se proclament ainsi seigneurs de Broceliande.
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Au XVIIIe siècle et XIXe siècle, les auteurs romantiques défendent différentes localisations (l'abbé de La Rue évoque la forêt de Lorges près de Quintin, Châteaubriand l'identifie à Becherel...), puis certains auteurs (dont le plus imaginatif semble avoir été Blanchard de la Musse), ressortant de dessous la poussière la charte des Usemens de Brecilien de 1467, inventent le Tombeau de Merlin, le Val sans Retour... et les placent dans les environs de Montfort et Paimpont.
Frêt de paimpont
Dès 1835, l'identification de Broceliande avec la forêt de Paimpont fait pratiquement l'unanimité.
Broceliande grande
Depuis les années 1980, des auteurs ont commencé à mettre en doute cette identification, plaçant Broceliande à Huelgoat, à Paule, dans la région de Dol voire en Normandie (ce qui, pour cette dernière hypothèse, est contraire au textes les plus anciens).

Chez les trouvères "Bresilianda" désignait la Bretagne armoricaine en entier.


 Étymologie

La forme la plus ancienne connue, Brecheliant, a fait supposer que le toponyme serait basé sur le celtique Brec'h=colline, suivi d'un nom d'homme. La forme plus tardive de Brocéliande pourrait être basée sur Bro (=Pays en breton) mais cette forme semble bien être une invention de Chrétien de Troyes. La forme supposée de Brecilien comme forme ancienne de Brécheliant est, elle, basée sur Bre=colline (au sens de motte féodale) et le nom d'homme Silien. Il existe trois Brecilien (ou Bressilien) en Bretagne. Il s'agit de trois lieux nobles ayant possédé une motte féodale.

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